Sarkozy vers une taxe carbone sur les avions?
Par jeunesverts le mardi, juin 26 2007, 22:12 - accueil - Lien permanent
Trois jours après son grand discours sur la politique industrielle au Bourget, Nicolas Sarkozy joue à fond la carte de l'effet d'annonce. Il promet que les émissions de CO2 du fait des transports aériens seront soumis à des quotats, comme pour l'industrie. L'article du Monde http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-928045,0.html fait preuve à cet égard d'une absence totale d'esprit critique.
Regardons les choses en face, l'annonce de Monsieur Sarkozy est en retrait par rapport aux promesses de Jacques Chirac. L'ancien président avait promis une taxe mondiale sur le transport aérien, qui représente 2 à 4% des émissions de CO2 mondiales. Voyant qu'il n'y pouvait atteindre, il laissa les grandes compagnies, telles Air France, réduire d'elles-mêmes leurs émissions, payer des taxes volontaires (comme sous la Révolution Française!) et compenser une partie des émissions restantes en finançant des projets propres. Il est clair que cette démarche volontaire montre vite ses limites. Les low-coasts, qui se développent le plus rapidemment, ne sont certainement pas dans une démarche de développement durable, que ce soit sur le plan écologique (nombreuses escales inutiles, hors de la logique des clusters) ou social (risque accru, sécurité moindre, confort inexistant, précarité des employés).
Lorsque Monsieur Sarkozy dit que son quotat concernera "toutes les compagnies", et non uniquement les compagnes européennes, c'est une manière de se ménager une porte de sortie une fois que "toutes les compagnies", sauf peut-être les compagnies européennes, l'auront envoyé balader.
C'est surtout une façon de ne pas prendre ses responsabilités, alors que rien n'empêcherait de taxer le kérosène pour les vols intérieurs, quelle que soit la nationalité de la compagnie qui affrète le vol. Car s'il est une absurdité écologique pour laquelle il existe un moyen de susbtitution, ce sont bien les vols intérieurs: le TGV va plus souvent plus vite si on calcule de porte à porte, mais les prix excessivement bas des vols en avions n'incitent pas à choisir le train. Autre avantage non négligeable d'une taxe sur l'usine à gaz proposée par le Président: cela générerait des recettes supplémentaires pour financer la politique, notamment celle de l'environnement, à la différence des quotats d'émissions d'ailleurs attribués bien trop largement aux entreprises sur la période 2005-2007.
Commentaires