Communiqué des Verts de la Somme suite à la victoire du non
31 05 2005Une victoire du Non français sur le Oui européen...par Christophe Porquier, porte-parole des Verts de la Somme.
Christophe Porquier porte-parole des Verts de la Somme
Amiens, lundi 30 mai 2005
Une victoire du Non français sur le Oui européen
Pour tous ceux qui ont défendu le Oui au Traité constitutionnel européen, le 29 mai marque une sévère défaite électorale. Mais c'est avant tout un échec pour l'Europe.
La droite est la première responsable de cet échec. Elle est restée sourde au message des urnes de 2002 et 2004. Elle a continué à mener une politique rétrograde et antisociale dans ce pays. Finalement, la politique gouvernementale a encouragé un phénomène de ras-le-bol qui aura servi de terreau à la protestation qui s¹est exprimée lors de ce scrutin.
Les acteurs politiques du non - dans leur grande diversité sont dorénavant dépositaires de cette victoire et responsables de ses suites. Sont-ils en mesure de proposer quelque chose face au positionnement renforcé de Nicolas Sarkozy dés ce dimanche soir annonçant des réformes plus libérales encore ?
Quel avenir pour l¹Europe ?
Concernant l¹avenir de l¹Europe, si une renégociation devait voir le jour pour améliorer le texte du TCE, il ne fait nul doute que les Verts et leurs élus en France et en Europe s¹y impliqueraient positivement. C¹est un scénario nettement préférable, mais malheureusement peu probable.
Le rejet du TCE par la France marque plus certainement une rupture provisoire mais réelle dans la construction européenne. Le très libéral Traité de Nice risque de rester en vigueur encore un moment.
La victoire du Non à quel prix ?
L¹utilisation du référendum était bel et bien pertinente, comme l¹atteste le niveau relativement élevé de participation, ainsi que le débat qui s¹est développé partout dans le pays à cette occasion pour parler enfin de l¹Europe, et au delà engager des débats de fond sur le type d¹économie, de société, de démocratie que nous voulons.
Mais il faut aussi faire le constat d¹une campagne partiellement délétère, aux accents démagogiques et populistes, y compris dans les rangs du non de gauche dont une partie est historiquement hostile à la construction européenne, voire en rupture avec toute idée de participation responsable aux affaires publiques.
Quel projet pour l'avenir ?
Face à une Europe qui risque de rester enlisée dans les sables du traité de Nice, et face à une politique chiraquienne dont il n'y a rien à attendre, un projet alternatif de gauche doit voit le jour pour 2007 et les Verts doivent y prendre toute leur place. Mais il faudra se confronter aux réalités pour changer positivement les choses avec des réponses solides, et ne pas en rester à des postures incantatoires, sauf à faire des promesses sans lendemain. La démagogie anti-politique ou la mise à la vindicte publique du " plombier polonais " ne pourront pas servir de programme. D¹ici les prochaines échéances législatives, il sera possible de procéder à un examen de l¹état de la construction européenne et s¹il s¹avère que celle-ci est toujours en panne, il faudra que sa relance soit un thème majeur d¹un projet d¹alternance et de long terme pour la gauche et les Verts.