En effet, un vote "non" de la France aurait pour simple conséquence une renégociation entre gouvernements, sur le mode, je troque telle avancée qui m'emmerde contre telle autre qui t'emmerde, pour aboutir à un traité qui serait une répétition de Nice mais sans les avancées du projet actuel. Ce traité serait ensuite re-soumis à ratification, comme les Irlandais qui avaient dit non à Nice et qui ont du revoter. Bravo l'avancée pour l'Europe!

Quand Fabius et d'autres expliquent que le modèle social français sera menacé, ils n'ont tout simplement rien compris. Effectivement, le système actuel n'est pas assez écolo, pas assez social et ils semblent le découvrir. Mais la Constitution n'introduit que des minimas. Donc, on elle donne la possibilité de définir une base commune de droits sociaux fondamentaux au-delà desquels nous pourrons construire davantage ensemble ou dans nos pays respectifs.

Enfin, en termes de droits, la Constitution n'est pas qu'un minimum. C'est un certain nombre d'avancées, pour les travailleurs, pour les minorités persécutées ou discriminées (roms, homosexuel-les, minorités dites visibles...), pour les femmes, pour les droits de l'enfant. Ces avancées sont d'autant plus fortes à l'Est où ce texte est attendu.

Le Parlement Européen, renforcé désormais y compris sur le volet budgétaire (le "nerf de la guerre"!), pourra faire plus pour les citoyens, à condition qu'ils votent dans le bon sens lors des élections européennes. Le renforcement de l'Europe politique est de fait l'élément le plus prometteur pour nous citoyens.

Quant à oublier que l'Europe a besoin de peser dans le monde pour l'améliorer comme elle peut, et que la Constitution avec ses avancées institutionnelles (Ministre des Affaires Etrangères, Président stable du Conseil) est une nécessité...

Dessin Yann Wehrling Dessin Yann Wehrling