En réaction aux profanations de Brumath: condamner ne suffit pas...
4 11 2004Les profanations du cimetière israélite de Brumath ont été à juste titre condamnées par les plus hautes instances politiques de ce pays. Une profanation de plus, un acte antisémite de plus, commis par des individus qui ne se contentent pas d’inscrire des slogans contre les juifs sur les tombes. Sont également visés « arabes » et « noirs »…
Nous nous devons de dénoncer de toutes nos forces ces actes non seulement débiles, mais mûs par un mépris sidérant des croyances, de la mémoire, des morts… et de la vie humaine. Passé ce devoir d’indignation, passé le travail de la justice, qui, espérons-le, retrouvera les criminels, il faut se confronter au fait social que ces crimes indiquent. Une partie de la jeunesse de ce pays a voté Le Pen en 2002 ; une partie, peut-être plus réduite, se sent attirée par la « famille » que peut leur offrir la mouvance néonazie. Celle-ci profite de l’atomisation sociale, et de la détresse émotive et culturelle dont une part de la jeunesse est la victime.
Il appartient aux dirigeants de ce pays, en premier lieu le gouvernement, mais aussi aux élus de tous échelons, d’engager un effort pour éviter que demain, la France ne soit une société fracturée entre une frange progressiste, multiculturelle, ouverte au monde et à la réussite, et une autre, exclue du mouvement général de la société et de son enrichissement économique et culturel, et encline aux pires symptômes du repli sur soi : haine raciale et sociale, violence, et rejet de l’autre.
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