Un deuxième Copenhague ?
18 12 2009Mercredi était le tournant. Depuis, les ONG n’ont que très peu accès au Bella Center, et se retrouvent ainsi au Klimaforum, lieu du contre-sommet. Réunis tous ensemble, comme dans un bunker, nous continuons à faire notre travail, dans des conditions beaucoup plus compliquées évidemment. Accès à internet limité, peu d’impact sur les lieux de prise de décision, peu de visibilité dans les médias. L’ambiance reste cependant bien meilleure et détendue qu’au Bella Center, où tout y devient fou.
La tension avec la police reste palpable. Après la manifestation de mercredi et ses désormais connues violences policières, tout doit se négocier, même pour la plus petite action. Aujourd’hui, une photo aérienne devait être prise. Résultat : une heure de retard, manifestants contrôlés et hélicoptère en surveillance. Naomi Klein s’exprimait ces derniers jours en ces mots : « les danois ont définitivement perdu l’image du peuple sympathique qui leur collait à la peau ». Pas tout à fait faux, surtout quand on fait partie d’une délégation où neuf personnes sont faites gazées.
Un deuxième Copenhague a lieu aussi au le Bella Center. Suite aux blabla de cette première semaine et demi, mercredi a encore été un tournant. L’arrivée des représentants officiels, le temps qui défile, la démission de la présidente danoise de séance Connie Hedegaard et la sérieuse pression mise par les ONGs a modifié l’atmosphère. Les tabous disparaissent, et fait apparaître l’immense fossé entre les pays développés et ceux en développement. Des accords ambitieux proposés par les pays d’Afrique et Sud-Américain, les pays du Nord tentent d’en vider la substance et de donner des leçons. Nicolas Sarkozy s’inscrit pleinement dans cette veine, d’abord avec les moqueries et fausses promesses faites à l’Ethiopie, ensuite au cours son discours de jeudi en séance plénière, dans sa façon de parler toujours très diplomate ! Les Etats-Unis continuent de poser comme condition à leur engagement celui de la Chine, qui selon eux doit également être soumise à un accord contraignant en termes de réduction des émissions. Ce qu’évidemment ils ne sont pas prêts à faire.
On attendait aujourd’hui le discours d’Obama. Suite aux propositions et à l’enthousiasme d’Hillary Clinton jeudi, le président américain a déçu. Reconnaissant le changement climatique comme une cause anthropique –quel progrès !-, listant et vantant tous les efforts de son pays -que l’on sait énormes !-, il n’est pas allé plus loin que Clinton dans sa proposition de financement de 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020 et de 17% de réduction des émissions d’ici 2020 sur la base de 2005. Bref, déception, par rapport aux attentes portées sur sa voix. En effet, lors de son élection, il plaçait l’environnement dans sa liste de priorités, il représentait l’espoir et l’audace d’un changement. Aujourd’hui cela paraît bien loin malheureusement.
Un troisième Copenhague ? Apparemment les chefs d’Etat ont décidé aujourd’hui de prolonger leur séjour, et on peut régulièrement penser que nous ne connaîtrons définitivement l’issue de ce sommet que dimanche soir.

Commentaires