A Copenhague on parle de

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vendredi, décembre 18 2009

Un deuxième Copenhague ?

18 12 2009

Mercredi était le tournant. Depuis, les ONG n’ont que très peu accès au Bella Center, et se retrouvent ainsi au Klimaforum, lieu du contre-sommet. Réunis tous ensemble, comme dans un bunker, nous continuons à faire notre travail, dans des conditions beaucoup plus compliquées évidemment. Accès à internet limité, peu d’impact sur les lieux de prise de décision, peu de visibilité dans les médias. L’ambiance reste cependant bien meilleure et détendue qu’au Bella Center, où tout y devient fou.

Cop15_Klimaforum.jpg

La tension avec la police reste palpable. Après la manifestation de mercredi et ses désormais connues violences policières, tout doit se négocier, même pour la plus petite action. Aujourd’hui, une photo aérienne devait être prise. Résultat : une heure de retard, manifestants contrôlés et hélicoptère en surveillance. Naomi Klein s’exprimait ces derniers jours en ces mots : « les danois ont définitivement perdu l’image du peuple sympathique qui leur collait à la peau ». Pas tout à fait faux, surtout quand on fait partie d’une délégation où neuf personnes sont faites gazées.

Un deuxième Copenhague a lieu aussi au le Bella Center. Suite aux blabla de cette première semaine et demi, mercredi a encore été un tournant. L’arrivée des représentants officiels, le temps qui défile, la démission de la présidente danoise de séance Connie Hedegaard et la sérieuse pression mise par les ONGs a modifié l’atmosphère. Les tabous disparaissent, et fait apparaître l’immense fossé entre les pays développés et ceux en développement. Des accords ambitieux proposés par les pays d’Afrique et Sud-Américain, les pays du Nord tentent d’en vider la substance et de donner des leçons. Nicolas Sarkozy s’inscrit pleinement dans cette veine, d’abord avec les moqueries et fausses promesses faites à l’Ethiopie, ensuite au cours son discours de jeudi en séance plénière, dans sa façon de parler toujours très diplomate ! Les Etats-Unis continuent de poser comme condition à leur engagement celui de la Chine, qui selon eux doit également être soumise à un accord contraignant en termes de réduction des émissions. Ce qu’évidemment ils ne sont pas prêts à faire.

On attendait aujourd’hui le discours d’Obama. Suite aux propositions et à l’enthousiasme d’Hillary Clinton jeudi, le président américain a déçu. Reconnaissant le changement climatique comme une cause anthropique –quel progrès !-, listant et vantant tous les efforts de son pays -que l’on sait énormes !-, il n’est pas allé plus loin que Clinton dans sa proposition de financement de 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020 et de 17% de réduction des émissions d’ici 2020 sur la base de 2005. Bref, déception, par rapport aux attentes portées sur sa voix. En effet, lors de son élection, il plaçait l’environnement dans sa liste de priorités, il représentait l’espoir et l’audace d’un changement. Aujourd’hui cela paraît bien loin malheureusement.

Un troisième Copenhague ? Apparemment les chefs d’Etat ont décidé aujourd’hui de prolonger leur séjour, et on peut régulièrement penser que nous ne connaîtrons définitivement l’issue de ce sommet que dimanche soir.

Un projet d'accord politique a fuité...

18 12 2009

Un brouillon, ou "draft", a fuité vendredi 18 décembre, vers 13h. Il est en ligne sur le site du journal danois Berlingske TIdende (ou plus bas). Il s'agit simplement de 3 pages scannées, on peut même voir des ratures et annotations.

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Copenhague : en attendant les déclarations finales

18 12 2009

Il est 16h30 et les discours continuent à se succéder à la tribune du Bella Center.

L'ambiance est délétère au Bella Center, morose au Klimaforum, désespérée chez les ONG. Résultat : on se satisfait de simples déclarations musclées des chefs d'Etat : que Gordon Brown (Premier ministre britannique) tape un peu du poing sur la table, que Evo Morales (président de la Bolivie) critique un peu le capitalisme, ou même que Nicolas Sarkozy fasse son numéro de donneur de leçons, ça y est, on sourit. C'est dire si l'ambiance est triste.

Depuis 2 jours les petits Etats ont été oubliés, quasiment absents des discussions alors qu'ils avaient déjà été méprisés depuis le début. De leur côté, les ONG ont été complètement écartés du processus, physiquement exclus du Bella Center. Elles sont pourtant utiles notamment dans leur aide aux petits pays qui ne disposent pas d'une logistique diplomatique suffisante.

Barack Obama a tout occulté et son discours confirme une chose : il est pour le changement, le changement climatique.

Pendant ce temps, un brouillon d'accord politique a fuité. 3 pages assez creuses. Des rumeurs parlent d'actions coup de poing spectaculaires d'ONG pour pousser à l'adoption d'un accord qui mérite son nom.

En attendant les déclarations... la jeunesse mondiale demande un miracle et rappelle aux dirigeants la confiance placée en eux et la honte qu'ils devraient avoir.

dimanche, novembre 22 2009

Des bus pour manifester à Copenhague !

22 11 2009

Le 12 décembre l’ensemble des organisations et acteurs de la société civile agissant sur le climat appellent à une grande manifestation internationale à Copenhague, afin de peser sur le sommet des Nations Unies qui sera alors en train de négocier un nouvel accord mondial de réduction des gaz à effet de serre prenant le relais du protocole de Kyoto.

Une réduction massive et rapide des émissions est en effet nécessaire pour éviter l’emballement climatique et des conséquences environnementales et sociales catastrophiques : montée des mers, destruction des écosystèmes, désertification, raréfaction des ressources essentielles, migrations forcées…

En 1997 les gouvernements des pays industrialisés s’étaient engagés à réduire leurs émissions, celles-ci ont continué d’augmenter dans des proportions encore plus importantes1. Aujourd’hui, alors que le réchauffement climatique s’accélère, il faudrait selon les climatologues que les pays développés diminuent de 40% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, de 95% d’ici 2050… Mais au lieu de véritables politiques alternatives permettant d’atteindre véritablement ces objectifs (taxation internationale, relocalisation des activités, transition solidaire…), ce sont les « fausses solutions » (finance carbone, nucléaire, agrocarburants) qui sont toujours à l’ordre du jour des gouvernements !

Seule une mobilisation populaire massive peut imposer les changements nécessaires à la stabilisation du climat. Ne les laissons pas jouer notre avenir, agissons !

Aussi appelons-nous à une participation des jeunes qui soit la plus large possible au contre sommet de Copenhague, en particulier à la manifestation internationale du 12 décembre, et dans la mesure du possible aux autres actions telles que la manifestation Reclaim Power du 16 décembre… La jeunesse partout dans le monde est un acteur majeur du mouvement social, et a su montrer qu’elle pouvait faire reculer des gouvernements, comme par exemple en France avec les manifestations contre le CPE.

Afin de permettre au plus grand nombre de militants d’aller à Copenhague, nous avons pour projet d’organiser des bus. Contactez les référents locaux du collectif les plus proches de chez vous (contacts sur le site), afin de nous permettre de connaître les besoins ! Des bus sont d’ors et déjà ouverts à réservation en région parisienne2. Nous recherchons enfin des gens motivés, des financements, et nous sommes intéressés pour relayer dans nos réseaux toute initiative de transports pour Copenhague.

Dix ans après Seattle, un autre monde n’est pas seulement possible, il est urgent !


Collectif Jeunes pour le Climat et la Justice Sociale

Attac Campus, Avenir Climat, Fac Verte, Fédération Sud Etudiant, Jeunes Alternatifs, Jeunes Laïcs et Solidaire, Jeunes Verts, Mouvement des Jeunes Socialistes, Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne, NPA Jeunes, Parti de Gauche Jeunes, Réformistes et Solidaires, Union nationale des Etudiants de France, Utopia Jeunes, Zone d'écologie populaire. Site : jeunesclimatjustice.fr , contact : jeunes.climatjustice@gmail.com

mardi, novembre 17 2009

Nuke pas le climat !

17 11 2009

Le Sommet de Copenhague et la lutte contre le péril climatique doivent faire émerger de nouvelles solutions énergétiques. Mais il faut faire attention aux « fausses bonnes idées » comme le nucléaire.

La lutte contre le changement climatique pousse-t-elle de nombreux pays à se tourner vers le nucléaire ? Non. Contrairement à ce qu'on entend en France, très peu de pays sont prêts à augmenter considérablement leur parc nucléaire. En fait, la France est le seul pays au monde à miser à ce point sur l'énergie nucléaire, au détriment des énergies renouvelables et de la lutte contre les gaspillages.

Les raisons de la panne du nucléaire dans le monde sont nombreuses. Tout d'abord son coût. Une centrale du type « EPR » coûte plus de 4 milliards d'euros pour la construction, mais avec les retards et les difficultés de sécurité (relevées par les autorités de sureté) son coût pourrait encore s'accroitre. Il faut ajouter à cela les coûts d'assurance, de transport et de démantèlement. Peu de pays peuvent se permettre une telle dépense, surtout en période de crise. Autre problème : la dépendance énergétique. L'uranium, qui sert à faire de l'électricité nucléaire, est extrait dans des pays souvent très instables (ex : Niger) et l'approvisionnement est donc plus qu'incertain ne garantissant aucune indépendance énergétique, contrairement aux renouvelables. Par ailleurs, le centrales nucléaires produisent des déchets dont 90% ne sont pas recyclables et sont donc stockés dans un état qui restera radioactif encore des centaines de milliers d'années.

Le nucléaire n'est pas efficace pour lutter contre le CO2

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la contribution du nucléaire à la réduction des émissions de CO2 serait de 6 % pour un coût de mille milliards d’euros... contre 54 % pour les économies d’énergie et 21 % pour les énergies renouvelables, à un coût très inférieur. Et puisqu’il faut environ dix ans pour construire un réacteur, ce faible effet ne commencerait qu’après 2020, bien trop tard. Contrairement à une idée reçue, les centrales nucléaires émettent également du CO2 lors de leur fonctionnement mais surtout pendant leur construction/démantèlement et lors du transport de l'uranium.

Les évènements climatiques extrêmes (tempêtes, inondations...), dont la fréquence augmente, accroissent les risques d’accidents. En 1999, la centrale du Blayais, près de Bordeaux, a frôlé la catastrophe en raison d’une inondation et la ville a failli être évacuée.  Inondée par le tsunami fin 2004, la centrale indienne de Kalpakkam a été arrêtée en urgence, 15 000 familles évacuées le lendemain. Un accident majeur, toujours possible, contaminerait de vastes territoires pour des milliers d’années. La question des coûts, économiques et humains, des incidents et accidents nucléaires (petits comme grands) se pose. D'après les récentes estimations ce coût du risque ferait du nucléaire l'une des énergies les plus chères et les plus dangereuses au monde.

Le nucléaire crée peu d'emplois et ce sont souvent des emplois non-durables et précaires (intérim). Par contre, en moins de dix ans, l’Allemagne a créé 300.000 emplois dans les énergies renouvelables. Le secteur émergeant occupe déjà 2,5 millions de personnes dans le monde. A investissement égal, les économies d’énergie et les énergies renouvelables créent 15 fois plus d’emplois que le nucléaire ! Il n’y a donc pas photo : résistons aux campagnes de pub d’Areva et aux nucléocrates qui peuplent les couloirs des ministères et tournons le dos au nucléaire !

Par Alexis Prokopiev (porte-parole des Jeunes Verts) et Benoit Ducasse (co-secrétaire des Verts Montreuil)

Plus d'infos sur le site http://www.dont-nuke-the-climate.org/ de Sortir du nucléaire (dont les Jeunes Verts sont membres)

jeudi, octobre 29 2009

La forêt ne sera pas un combustible à réchauffement climatique !

29 10 2009

Occupant 30% de la surface terrestre, la forêt renferme 53% du carbone accumulé par les écosystèmes terrestres. Les arbres qui la composent captent le CO² atmosphérique puis le séquestrent formant ainsi un formidable puits de carbone. Un puits qui risque fort de s'assécher ! 13 millions d'hectares de forêts primaires disparaissent chaque année, soit l'équivalent d'un terrain de football toutes les deux secondes. En libérant le carbone stocké dans les écosystèmes forestiers, la destruction et la dégradation des forêts est l'une des principales causes du dérèglement climatique, et représente effectivement 20% des émissions de GES au niveau mondial à l'heure actuelle (soit autant que les émissions des transports, ou des Etats-Unis dans leur entier).

Mais les forêts ne sont pas un simple grenier à carbone ! Elles sont aussi indispensables à la survie de centaines de millions de personnes (peuples autochtones) tout en servant de refuge à plus de 50% des espèces végétales ou animales vivants sur terre. Les rôles bénéfiques des forêts sur le cycle de l'eau, la prévention des risques naturels (inondations, érosions, glissements de terrain, désertification...) ou sur la qualité de l'air ne sont plus à démontrer.

Reliant les préoccupations écologiques, sociales et économiques auxquelles l'humanité doit aujourd'hui faire face, la forêt fait figure de priorité dans la lutte contre le changement climatique. A ce titre : la déforestation, la gestion durable des forêts et la maîtrise des stocks de carbone forestier seront au cœur des négociations de Copenhague.

Les discussions porteront tout d'abord sur la Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD). Elles traiteront ensuite de l’utilisation des terres, du changement d’utilisation des sols et de la foresterie (LULUCF). Enfin les débats s’orienteront sur le Mécanisme de Développement Propre (MDP) afin de favoriser les projets de reboisement. Il conviendra d'agir sur la préservation des stocks de carbone forestier mais aussi sur le renforcement des capacités d'absorptions de la forêt.

Conscient des menaces qui pèsent sur les écosystèmes forestiers et de leurs impacts sur le changement climatique, les Jeunes Verts se mobilisent. Les forêts ne doivent pas être absentes du rendez vous de Copenhague et les négociations se doivent de donner des réponses responsables, honnêtes et équitables vis-à-vis de ces écosystèmes.

Pour que les conclusions de Copenhague ne laissent pas de place à l'hypocrisie et ne favorisent pas de nouvelles formes de spéculations et de profits, nous devrons être attentif à ce que :
-> Les plantations ne soient pas considérées comme des peuplements forestiers et que les forêts primaires ou naturelles soient préservées. Il est inimaginable qu'une plantation de palmiers ou d'eucalyptus puisse compenser la destruction d'une forêt originelle !
-> Le boisement et le reboisement soient exclus des financements REDD afin de lutter contre les comportements prédateurs qui détruisent les forêts primaires au profit de forêts artificielles à la biodiversité appauvrie.
-> La capacité des peuples autochtones à défendre leurs droits et à subvenir à leurs besoins soient garantis. La lutte contre la déforestation est indissociable d’une collaboration avec les populations locales (transferts de compétences, partage des bénéfices, reconnaissance des droits de propriétés, respect des traditions…)
-> Le maintien de la biodiversité forestière soit placé à la hauteur de la richesse inestimable qu'elle constitue.
-> Des mesures drastiques contre la destruction des forêts soient prises dés aujourd’hui (on n’a plus le droit d’attendre) et qu’un système de contrôle efficace soit mis en place pour mesurer objectivement leur respect.

Chaque jour, comme des centaines d’autres, l’association « Cœur de forêt » mène des actions de plantations, de reconnaissances des populations autochtones et de protection de la biodiversité. La surface occupée par la forêt au Costa Rica est passée de 21 à 51% entre 1986 et 2006. Dans l’état du Mato Grosso au Brésil, l’ONF et Peugeot ce sont associés en 2000 dans un programme de reboisement. « L’initiative forêt » lancée par la fondation Clinton agit pour que les débats sur la déforestation évitée reposent sur des résultats scientifiques indépendants.

Les initiatives en faveur des forêts ne manquent pas. Des exemples de réussite s’observent partout dans le monde. Malgré cela la destruction et la dégradation des forêts s’accélèrent ! Il est indispensable de s’inspirer de ces succès pour redoubler d’effort. Face à l’urgence et convaincu qu’une action ferme, coordonnée et précoce l’emporte sur les coûts de l’inaction, les Jeunes Verts osent espérer que le rendez vous de Copenhague catalysera et fédérera les énergies. Il s’agit de donner au monde les moyens de préserver ce bien commun qu’est la forêt !

Gageons qu’après ce sommet crucial pour notre avenir, les forêts n’alimentent pas plus le feu du dérèglement climatique, mais deviennent le cœur de l’action mondial dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre en plus d’être le poumon de la vie sur terre.

Par Pierre Mengin
Jeune Vert Malzeville

mercredi, octobre 28 2009

Copenhague, le casse-tête des négociations : Vers un échec programmé ?

28 10 2009

Selon les derniers rapports du GIEC, il apparaît essentiel de limiter le réchauffement climatique à 2°C. Au-delà de ce seuil peuvent s’enclencher des boucles de rétroaction positives1 qui emballeront la machine climatique. Au-delà de ce seuil, effectivement, nous n’aurons plus aucune emprise sur le système Terre. Pour remplir cet objectif des 2°C, il faut principalement :

Pour les Pays industrialisés : réduire les émissions de 40% en 2020 (/1990)

Pour les Pays en développement : « dévier » de 15 à 30% en 2020

Un soutien du Nord vers le Sud : de l’ordre de 120 à 200 milliards d’euros par an d’ici à 2020


Copenhague n’est donc pas seulement un Sommet International du Climat comme nous en avons déjà connu ces dernières années. Durant le mois de décembre peuvent être véritablement fixés les futurs objectifs climatiques pour les décennies à venir, et, c’est ici la particularité, peuvent de redéfinir les rapports des pays Nord/Sud, au niveau politique et économique. Aujourd’hui, en effet, 80% des gaz à effet de serre accumulés viennent du Nord, alors que 80% des impacts néfastes ont lieu au Sud ! Cela passe donc par des transferts de technologies et de fonds du Nord vers le Sud, mais aussi d’engagements forts de réduction et une capacité, notamment du Sud, de faire respecter ces engagements localement. On pense notamment à l’Indonésie ou à la Malaisie, où la déforestation est dénoncée en façade lors des négociations internationales, mais demeurent largement réalisées localement à travers un « laissez-faire » aveugle. Alors, quel accord ?

Tableau Copenhague

Aux vues du graphique, on observe que malheureusement ce sont toujours les pays au faible poids géopolitique, ceux-là même qui sont les plus touchés par le changement climatique, qui gardent une forte volonté pour un accord ambitieux. Ils sont représentés en vert. En bleu, ce sont les puissants, ceux qui feront l’accord. La Russie et l’OPEP2 n’ont aucune ambition pour le succès d’un accord. Cette première reste néanmoins capable du pire comme du meilleur, et peut faire durer les négociations jusque très tard dans la dernière nuit. Enfin, les pays en jaune sont qualifiés de « swing states ». Autrement dit, ce sont eux qui peuvent faire pencher la balance en faveur ou non d’un consensus. Leur rôle demeure crucial, dans l’optique de faire face à des chinois ou des américains plutôt tièdes.

Il existe justement, toujours, de nombreux points de blocages, qui peuvent faire de ce Sommet un échec programmé. Nous en citerons notamment trois. Le premier, surnommé « the brick »3, fait référence à l’état actuel du futur traité, comprenant toutes les conditions portées par chacun des pays dans un « pavé » de 400 pages. Bangkok a permis d’en éliminer 200 déjà. Mais dans l’optique d’atteindre les 30 pages d’un document clair, énormément de temps sera nécessaire. Y en aura-t-il assez à Copenhague ? Second point de blocage, le droit de regard international. Pour que l’accord soit efficace, une instance internationale doit obtenir le droit d’inspection dans tous les pays signataires pour vérifier l’effectivité de l’application du dit accord. Toutes les nations accepteront-elles cette condition ? Enfin, et non pas par ordre d’importance, le Congrès américain porte sur ses épaules la responsabilité du succès. A Washington les réticences demeurent puissantes, encore plus à cause de l’arrivée synchrone du débat sur la réforme du système de santé. Même au sein de la population, le changement climatique n’est pas vu comme une priorité, bien qu’il soit considéré comme un problème sérieux par 75% de la population. Obama pourra-t-il devancer son Congrès et s’engager réellement à Copenhague ?

Ces questions demeurent ainsi en suspens, et font craindre l’échec du Sommet. Un échec serait signifié par l’impossibilité de trouver un accord, mais encore plus par l’entente sur un accord vide. Il serait en effet catastrophique pour notre civilisation et notre planète si un tel accord, désert d’engagements concrets, puisse être signé à Copenhague. Les gouvernements se targueraient d’avoir rempli leur mission, la presse, on l’imagine, prétendrait la même chose, ou au pire le qualifierait d’un premier pas vers un mieux, alors qu’au final un accord vide ne représenterait que la continuité dans l’immobilisme, un premier pas vers le chaos ! Un mot d’ailleurs à ce propos. Les gouvernements de l’Union Européenne parlent aujourd’hui d’un engagement fort par une réduction de 20% de leurs émissions pour 2020 (par rapport à 1990). Mais il faut savoir que depuis l’intégration des pays de l’Est dans l’Union, la chute des régimes communistes en 1990 avec pour traduction une désindustrialisation massive, nous en sommes déjà à 10% de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ! Soit la moitié de l’objectif fixé l’année dernière seulement ! Autant dire que les gouvernements, ne se fixant comme réduction d’émissions que 10%, ne sont pas si ambitieux qu’ils le prétendent. Les Verts du Parlement européen, beaucoup plus volontariste en la matière, en appelle à cesser cette hypocrisie et ouvre dès aujourd’hui le site Climate Circus pour dénoncer cette politique de façade. On y observe ainsi que si le monde suivait des gouvernements comme la France, arguant pour une réduction d’uniquement 10% d’émissions d’ici à 2020, la température du globe augmenterait de 4,3% d’ici 2080 ! Nous sommes bien loin des 2°C préconisés par les experts du climat !

D’aucuns avouent aujourd’hui de la nécessité, pour l’Union Européenne, de réellement donner un ton ambitieux lors de ce futur Sommet International du Climat. Elle peut éventuellement, dans un contexte difficile nous l’avons vu, débloquer la situation pour un accord un minimum « acceptable ». Elle devra pour cela écouter son parlement, et ne pas oublier de négocier également au maximum, outre les puissants, avec ces fameux « swing-states », puissances d’aujourd’hui et de demain.

Noé Pflieger
JV Besançon

Sources : Damien Demailly, Conférence : Copenhague et ses Enjeux, 24 Octobre 2009, Paris Pierre Radanne, Table Ronde : Un œil sur la planète : de Kyoto à Copenhague, Universités d’été des Verts et d’Europe-Écologie, 20 Août 2009, Nîmes Hervé Kempf, Pour les Américains, le réchauffement constitue une menace lointaine, Le Monde, 26 Octobre 2009

lundi, octobre 26 2009

Supprimer l’extrême pauvreté et lutter contre le changement climatique : deux combats à mener de front

26 10 2009

Pourquoi du 7 au 18 décembre prochain des chefs d’Etat du monde entier vont se retrouver à Copenhague pour faire face à l’urgence du changement climatique ?

A cette question, il existe une réponse simple, fondamentale qu’il est toujours bon de rappeler : parce que, pendant ces 150 dernières années une part de l’humanité a extrait du sol du carbone fossilisé en quantité gigantesque, pour le rejeter (après l’avoir brulé pour en retirer de l’énergie) sous forme gazeuse dans notre atmosphère, modifiant alors sa composition et les équilibres complexes qui régissent le climat. Ce carbone fossilisé, c’est le gaz, le charbon et le pétrole qui irriguent aujourd’hui la moindre petite parcelle des économies occidentales. Ce sont des ressources énergétiques qui permettent de déplacer des montagnes ou de traverser des océans en quelques heures.

Malgré cette abondance énergétique inégalée dans l’histoire de l’humanité, malgré les conséquences de cette abondance énergétique : une capacité de production industrielle toujours plus grande, des rendements agricoles décuplés, des moyens de déplacement toujours plus rapides, aujourd’hui, en France, des hommes et des femmes sont condamnés à vivre dans la misère. « Condamnés » ? Oui condamnés, parce qu’ils voient leurs enfants être rejetés comme eux ont pu l’être à l’école, parce qu’ils se butent aux murs de notre société qui leurs font parfois hurler : quoi ? L’extrême pauvreté serait donc héréditaire ?! Nelson Mandela nous dit : « Comme l’esclavage et l’apartheid, la pauvreté n’est pas naturelle. Elle est fabriquée par l’Homme et elle peut être vaincue et éradiquée par les actions des Hommes. » Aujourd’hui des hommes et des femmes se voient privés de leurs droits les plus fondamentaux, comme celui de pouvoir se soigner, d’élever ses enfants dans un logement digne, ou d’avoir accès à l’éducation et la culture.

Alors, comment est-ce possible ? Ignorance : si cette situation existe, c’est par ignorance de ces réalités, c’est par ignorance de la nécessité absolue de mettre les personnes les plus exclues au centre des décisions qui les affectent.

Comment expliquer que les négociateurs, et les gouvernements qu’ils représentent soient encore à proposer des objectifs de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre ridiculement faibles ? Ridiculement faibles parce qu’ils conduiraient nécessairement à des déséquilibres climatiques dévastateurs. Tellement dévastateurs que le sort même de l’humanité pourrait en être compromis. Comment expliquer ces positions qui obligeraient indubitablement des centaines de millions de personnes à quitter leurs pays, à souffrir de la faim, de la soif, et des guerres qui en découleront ? Comment expliquer cela si ce n’est l’ignorance. L’ignorance des risques que représentent ces positions non seulement pour une large part de l’humanité, mais aussi pour les peuples dont ils sont les représentants.

Ecouter ceux qui vivent aujourd’hui cette souffrance quotidienne de la misère est peut-être un rempart à cette ignorance. Leurs permettre d’être acteur de la transformation de nos sociétés vers un état écologiquement viable, est peut être le meilleur moyen d’y parvenir.

Décider ensemble à l’échelle du monde, d’organiser nos sociétés autrement pour préserver un bien commun et universel : le climat. Tel est le défi de Copenhague. Les mesures prises affecteront nécessairement notre quotidien dans les années à venir : une énergie plus chère, donc des voyages moins loin, moins de produits exotiques, plus de simplicité, de sobriété. De tels changements risquent d’être perçus comme contraignants, voir comme rétrogrades dans un monde où les biens matériels sont glorifiés, où certains prônent de travailler plus, pour gagner plus, pour consommer plus…

Pourtant, c’est tout le contraire : quel est le chemin de l’humanité si ce n’est de se fixer des limites pour vivre mieux ? De s’accorder sur des lois contraignantes mais qui soient garantes d’une société plus épanouie ? Chacun ne gagnerait-il pas en sérénité d’avoir un mode de vie qui ne compromet pas les chances de survie de l’espèce humaine à l’échelle de 200 ans ?

Seulement, tout le monde n’en est pas convaincu. Aussi, si les transformations profondes de nos sociétés s’accompagnent de la mise en pratique du précepte : « personne ne doit être laissé de côté » alors ces changements potentiellement douloureux de nos habitudes prendront d’autant plus de sens : nous le faisons pour un monde plus juste, un monde où chacun a sa place.

L’échéance du sommet de Copenhague se rapproche, puissent les négociateurs, et nos représentants nationaux suivre le conseil d’un sage : « quand le doute s’empare de toi, (…) pense à la personne la plus misérable que la vie t’ai donné de voir, et demande toi comment il sera affecté par ta décision » Mahatma Gandhi


Benoit Verzat
Jeunes Verts Lyon

jeudi, octobre 15 2009

Changement climatique et biodiversité : deux problématiques liées

15 10 2009

38% : c’est le taux des espèces menacées d’extinction au sein des espèces évaluées par l’UICN en 2008 (Union International pour la Conservation de la Nature) . L’érosion de la biodiversité ne fait plus de doute et le changement climatique est une des causes indéniables de cette érosion : 15 à 30% des espèces seraient menacées d’extinction, entre d’ici à 2050, du fait du réchauffement climatique . Selon les scénarios les plus pessimiste, entre 2000 et 2050, nous pourrions assister à la disparition de 3 millions d’espèces, soit une toutes les 9 minutes.


L’augmentation de la fréquence des événements climatiques comme les tempêtes, les inondations ou les périodes de sécheresses affaiblissent la capacité de résistance des écosystèmes, et donc des espèces, ce qui affecte la biodiversité. En outre, le changement climatique provoque une transformation de la répartition des espèces et des milieux sur notre planète. Or ce changement est trop rapide pour permettre aux processus naturels de s’adapter sans que cela n’ait pour conséquence des extinctions considérables. Il est clair que si la température du climat monte de plus de 2°C, bon nombre d’espèce sont amenés à disparaître.

Ces extinctions affectent l’homme directement puisque nous dépendons cruellement des ressources que nous apporte l’environnement. L’érosion de la biodiversité menace par exemple la découverte de nouveaux médicaments. Il faut donc faire face à cette crise avec des solutions politiques efficaces. Il est nécessaire d’agir et d’agir vite.


Changement climatique et biodiversité sont deux problématiques intrinsèquement liées. Les forêts tropicales, par exemple, pourraient perdre leur rôle de puits de carbone qu’on leur donne habituellement pour se transformer en source de carbone suite à l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère. Si l’on veut sauver le climat, il faut aussi s’occuper de la biodiversité, et inversement !

La conférence de Copenhague sur le changement climatique est une étape clé pour avancer face à cette urgence. Il est temps de tirer les leçons du protocole de Kyoto, dont plusieurs mesures comme la création de puits de carbone en monoculture, ou encore l’investissement dans les biocarburants, ont engendré des dommages sur la biodiversité. Les accords internationaux doivent prendre en compte l’ensemble des problématiques qui sont liées au réchauffement climatique et proposer des solutions cohérentes. La lutte contre la déforestation et les changements d’affectation des terres sont à prendre en compte dans les stratégies de lutte contre le réchauffement climatique.

Maud Grard
Jeunes Verts Paris



1. http://www.iucnredlist.org/documents/2008RL_stats_table_1_v1223294385.pdf
2. La biodiversité se définie par la diversité des écosystèmes, des espèces et la diversité génétique.
3. Thomas et al. 2004. Extinction risk from climate change. Nature 427: 145–148.
4. Williams et al. 2003. Climate change in Australian tropical rainforests: an impending environmental catastrophe. Proceedings of the Royal Society, London Series B – Biological Sciences 270: 1887–1892.
5. Körner, Christian, Les changements atmosphériques affectent la biodiversité, in Biodiversité, Sceinces et gouvernance, Actes du colloques, Paris, 2005.

dimanche, octobre 11 2009

Ces quelques gestes qui peuvent changer beaucoup

11 10 2009


Depuis 1972 nos chefs d’États se réunissent tous les ans pour des « Sommets de la Terre ». Depuis 1972, ce sont toujours les mêmes objectifs : « créer un développement durable qui nous permet de subvenir à nos besoins sans empêcher les générations futures de répondre aux leurs ». Depuis 1972, plus de 250 traités, de promesses, de paroles... Mais depuis 1972, la situation ne cesse de se dégrader, et presque rien n’est fait pour que la tendance s’inverse.

Mais il est FAUX de penser qu’on ne peut rien faire ! En termes d’énergie, de consommation, de transport ou d’alimentation, l’impact peut être beaucoup plus grand que nous le croyons. Pour commencer, selon une étude récente sur la consommation d’énergie des français, il est observé que plus de 40% de l’énergie consommée par les logements demeure consacrée au chauffage. Pire, 45% de ce chauffage s’échappe en pure perte ! Installer un thermostat, faire isoler son logement, ou même simplement installer une feuille d’aluminium, collée sur un carton, entre le mur et le radiateur, sont des solutions durables et rentables. Plus rentable et écologique encore, baisser la température de 1°C dégage une économie de plus de 600 euros chaque année ! Quant aux appareils de lavage des français, il faut savoir que 5 réacteurs nucléaires sont nécessaires pour les alimenter en électricité ! Des programmes basse température, des cycles courts, des appareils notés A++ permettent également de grandes économies.

Ensuite vient le transport. Nous n’apprendrons rien de nouveau ici, si ce n’est que nous insisterons sur l’intelligence (économique, écologique, sociale voire même temporelle) d’utiliser le moins possible le mode de transport individuel. Au-delà, le choix de prendre son vélo, de ne plus mettre en route la climatisation, de conduire lentement et avec souplesse, demeurent des classiques, mais néanmoins importants.
Troisième point, la consommation. Pour l’électricité et la lumière, inutile de rappeler la nécessité de favoriser l’éclairage naturel, d’éteindre les lumières inutiles, d’utiliser des ampoules basses-consommation et de les nettoyer régulièrement, d’installer des multiprises à interrupteur général que vous éteindrez chaque soir (rappelons qu’un appareil en veille consomme jusqu’à 75% de l’énergie nominale !), de couvrir les plats à la cuisson, etc... À propos de l’eau, nous prendrons des douches plutôt que des bains, nous installerons une chasse d’eau à deux vitesses et un mitigeur thermostatique et nous ferons la chasse aux fuites. Il faut savoir qu’en moyenne c'est 15% de notre facture d’eau qui s’envole dans diverses fuites ! Pour le reste de notre consommation, n’oublions pas que nous demeurons dans un modèle économique basé sur celle-ci.
Chaque jour tout est fait pour que nous achetions toujours plus, en doses plus individuelles, que nous prenions toujours plus de sacs plastiques (avec de la publicité dessus en sus), que nous mangions toujours plus de produits lointains et exotiques. Il faut résister à ces tentations ! Avant de consommer, la question simple « Ai-je vraiment besoin de cela ? » doit se poser à chaque fois !

Pour s’alimenter, enfin, les enjeux demeurent bien plus cruciaux que nous le pensons généralement. Si le bassin amazonien et sa forêt luxuriante se voient ainsi mis à nus aujourd’hui, ça n’est pas parce que nous aurons utilisé trop de papier. C’est parce que nous aurons mangé trop de viande ! Notre estomac tuant à petit feu nos poumons, la situation est bien réelle. Au-delà du Brésil et la déforestation causée, c’est partout dans le monde que, chaque jour, des céréales sont d’abord cultivées pour nourrir les élevages. Dans un contexte où 50 millions d’Hommes meurent chaque année de faim, nous préférons, occidentaux, déguster notre bifteck, gavé de céréales ayant pu servir à nourrir d’autres Hommes. Cela n’est pas rien si Einstein lui-même disait que « rien ne profitera plus à la santé de l’Homme et aux chances de survie de la Vie sur la Terre, que l’évolution vers un régime végétarien ». 45% de toute l’eau consommée en Europe est consommée par l’élevage ; 20 hectares de terre peuvent produire assez de bœuf pour nourrir 10 personnes, ou assez de blé pour en nourrir 120 ; même en terme de santé, un végétarien a quatre fois plus de chances de ne pas mourir d’une maladie cardio-vasculaire. Faisons nos comptes. Ce que nous mangeons chaque jour dans notre assiette a une conséquence énorme ! Acheter local, consommer des produits de l’agriculture biologique, manger moins (voire plus du tout) de viande, manger moins tout court... cela possède un impact écologique de grande ampleur à long terme. Soyons conscients de cela.

C’est seulement une petite portion de ce que chacun de nous peut faire à son niveau qui est exposée ici. Par ailleurs, nous savons que sans une véritable politique globale concernant la consommation, l’énergie, les transports et l’alimentation, chacun de nos gestes se révèleront vite impuissants. C’est pour cela que le geste le plus important certainement ici c’est l’engagement personnel. Relayez votre voix vers vos connaissances, vers vos associations, vers vos élus, dans vos futurs votes. Un proverbe allemand dit : « Si l’on rêve seul, cela ne reste qu’un rêve. Si l’on commence à rêver à plusieurs, c’est le début d’une nouvelle réalité ». Rêvons. Changeons !

Noé Pflieger
JV Besançon

GLOCHEUX D., Sauvez cette planète, Mode d’emploi, JC Lattès/Glocheux, Paris, 2007 LANGELLIER J-P , Forêt amazonienne : les éleveurs au banc des accusés, in Le Monde, 07.10.09. ARTHUS-BERTRAND Y, Home, Martinière, Paris, 2009

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